
Avec le printemps précoce sur la Côte d’Azur (je sais nous avons beaucoup de chance !) les soucis du jardin sont déjà magnifiques. Vous comprendrez que je n’ai pas résisté !
Un macérât s’imposait…
Je jardine beaucoup depuis que j’ai acheté MA maison (je prépare d’ailleurs un « jardin cosmétique » avec pas mal de plantes, je vous en parlerai) et les petits bobos sont fréquents. Le Calendula va apaiser ma peau.
Je n’avais pas d’huile basique mais des huiles précieuses à finir (DLU proches) + une superbe huile d’Olive bio, j’allais donc faire un macérat avec plusieurs huiles. Mais pas encore d’assez grandes quantités… Il faut couvrir entièrement les fleurs. Pourquoi ne pas utiliser le beurre de Karité (bio) que j’ai ?
Je prépare donc le mélange suivant (pour 2 pots de 100 gr de macérât):
50 gr Huile d’Olive
20 gr Huile de Son de Riz
15 gr Huile de Jojoba
15 gr Huile de Prune
100 gr de beurre de Karité
20 gouttes de Vitamine E
* J’ai dû ajouter un peu d’huile en cours de cuisson, les fleurs l’avaient bien absorbée. J’ai ajouté un peu d’Huile d’Olive et un peu de Son de Riz.
J’ai fait fondre doucement le Karité (voir plus bas l’astuce bain-marie*) et j’y ai ajouté les autres huiles ainsi que la Vit.E. Cette dernière protège les huiles de l’oxydation, même si celles utilisées sont assez stables. Elle sera aussi un actif supplémentaire.
J’avais cueilli une vingtaine de grosses fleurs (soit +/- 40 gr).
Je les ai mises dans mon bocal (après rinçage et séchage bien sûr).
Quelle couleur exceptionnelle !
Voulant garder au maximum leurs propriétés, j’ai démarré en versant mon mélange d’huiles juste tiède sur les fleurs fraîches.
Avant de réfléchir… Oui souvent je fais et ne réfléchis qu’après…
Le problème avec les macérats de plantes fraîches c’est qu’elles contiennent beaucoup d’eau… Et comme on le sait, eau et huile ne font pas bon ménage. La fermentation guette…
Mon mélange allait en plus se solidifier. Et emprisonner l’eau ! J’allais tout droit à la catastrophe !!
Je me suis alors rappelée avoir croisé des recettes de macération « à chaud ». Mais là encore attention, la chaleur abîme les principes actifs. Au delà de 40° je risquais de détruire les petits bijoux que contient mon macérât…
Et en cherchant je suis tombée sur le site Althea Provence, qui explique la « macération à température contrôlée ». Voilà ce qu’il me fallait !
Heureusement mon four peut tourner à très basse température car je n’avais pas de yaourtière comme conseillé. J’ai donc couvert mon pot avec un papier absorbant (fermer = garder l’eau) et au four à 40°. J’ai baissé à 39° puis 38° au bout de quelques heures.
J’ai laissé le pot au four 6h mais il était tard. J’ai éteint et l’ai laissé reposer pendant la nuit. Le matin j’ai rallumé à 38° et c’est reparti pour 6h.
Mon Karité est donc resté liquide à cette température. Et j’ai pu mélanger toutes les heures (doucement, sans incorporer d’air dans mon mélange) et m’assurer que l’eau ne restait pas prisonnière.
Et 12h après voilà le résultat. Un macérât d’un beau jaune (mon mix de départ était transparent), bourré de principes actifs ! Ouf !!
Il ne me reste plus qu’à le filtrer, en pressant bien les fleurs pour extraire toute l’huile chargée d’actifs.
Et hop en pots (puisque le mélange va se solidifier), opaques pour protéger mon macérât de la lumière.
Mais maintenant que ce bijou est prêt j’ai envie de l’améliorer encore. Pourquoi ne pas ajouter quelques actifs, HE…? Tant que mon macérat est encore liquide j’opte pour du Coenzyme Q10 (anti-âge) et un mix de 3 HE (même indication) Bois de Hô, Ciste Ladanifère et le must, de l’Immortelle !
Le second pot est pour ma petite maman, qui a du mal avec certaines HE… C’est vrai que l’Immortelle est particulière. Pour elle une dizaine de gouttes d’HE d’Ylang Ylang, pour un joli parfum.
Pour moi les dosages sont les suivants (pour 100 gr donc):
10 gouttes d’Immortelle
8 gouttes de Ciste
8 gouttes de Bois de Hô
40 gouttes de Coenzymes Q10
Je pense que ma peau va adorer ! Un macérat anti-âge autant qu’adoucissant, anti-inflammatoire, cicatrisant… Pour le visage et pour le corps, à consommer sans modération !
Ne pas avoir réfléchis avant m’aura permis de découvrir une nouvelle méthode de macération. Même si rien ne vaut la douce macération solaire, cette méthode peut être utile.
Pour les impatientes comme moi elle évite d’attendre 1 mois que le soleil fasse son travail… Et elle est parfaite pour utiliser des plantes fraîches et évaporer l’eau qu’elles contiennent, sans risquer la fermentation !
Petite précision, j’ai vu des méthodes à chaud, au bain-marie, beaucoup moins douces. À moins d’avoir un thermomètre pour vérifier la température, la chaleur est trop importante. Surtout que beaucoup font un bain-marie sans sur-élever leur contenant. Qui pose donc au fond, directement sur la source de chaleur…
C’est dommage de faire cuire un macérât ! Le mien fait à 38° devrait être parfait, et conserver toutes les propriétés du précieux Calendula.
* Astuce, pour faire un bon bain-marie il faut mettre quelque chose au fond de votre casserole, pour sur-élever/isoler votre contenant. Tout ce qu’il contient profite de la chaleur douce de l’eau uniformément, sans que le fond ne touche la source de chaleur. Sinon c’est comme si il n’y avait pas de bain-marie…
Une dernière petite astuce culinaire en image pour ne rien jeter si il vous reste quelques fleurs. En effet le Calendula fait parti des fleurs comestibles. De quoi illuminer aussi vos salades !
* Utilisation de l’IA pour mettre en forme les illustrations mais elles sont toutes faites à partir de photos originales. Toutes les fleurs, les préparations, le résultat du macérât et même la salade sont issus de photos réelles. Et pour les textes pas d’IA du tout 😊




