L’Aloe Vera étant mon produit préféré (presque toutes mes recettes en contiennent), je m’intéresse de près aux nombreuses publications la concernant.

Je lis régulièrement les articles de L’IASC (International Aloe Science Council), et j’ai suivi un de leurs liens vers un site très intéressant, NutraIngredients.
Dont un article en particulier, sur le marché global de l’Aloe Vera.
Qui est estimé à 13 milliards de dollars. Excusez du peu !

Selon les estimations de Devan Powel, directeur exécutif de l’IASC, sur les 250 milliards de $ de produits de soins (Personal Care) vendus, 2% en contiendraient, sous différentes formes (gel, poudre…).
Le marché des compléments alimentaires n’est pas en reste, avec 2,4 milliards de $ de vente de produits contenant de l’Aloe Vera.

Aux vues de ces chiffres astronomiques, une question arrive immédiatement: la qualité des produits.
Et sous quelle forme est l’Aloe Vera.
Dans l’article, D. Powel parle de produits (ciblant particulièrement les jus d’Aloe) contenant très peu, voire pas du tout d’Aloe Vera !
Différentes présentations de l’Aloe Vera existent, avec des qualités bien différentes.
Le « gel natif », celui que j’utilise exclusivement et que je vous présenterai rapidement, le jus, mais aussi l’extrait, la poudre (parfois concentrée), le macérât (macération dans de l’huile), autant de formes qui influent sur la qualité finale.

De plus, ce petit bijou est délicat à extraire.
Il faut séparer le gel contenu dans la feuille de la partie verte, et surtout enlever le latex jaune/marron qui se situe entre les 2.
Ce latex contient de l’aloïne, substance irritante pour la peau et un laxatif puissant, provoquant d’importants désordres intestinaux si vous en ingérez dans un jus mal travaillé.
La température aussi est super importante. L’Aloe Vera contient des polysaccharides, qui se détruisent au contact de la chaleur.
Tout comme beaucoup de substances qu’elle contient.
J’avais fait un article pour détailler un peu sa composition ici .

Vous l’aurez compris, l’Aloe Vera étant tellement « vendeuse », les fabricants sont souvent tentés de l’afficher en gros sur le packaging.
Si la forme doit être inscrite dans l’INCI (ou la composition pour les produits et compléments alimentaires) quand est-il de la qualité ?..

J’avais lu juste avant un autre article sur le même site (ici) concernant les « adultérants » (j’ai d’ailleurs appris le mot, que je ne connaissais pas). Définition: substance ajoutée frauduleusement à un produit pour en réduire le coût, en augmenter le poids ou modifier ses propriétés.

Pour tenter de résumer, le gel d’Aloe Vera est riche en polysaccharides (sucres complexes), les plus importants étant l’Acemannane et les polysaccharides peptiques.
Hors ces composants sont difficiles à analyser avec les méthodes habituellement utilisées en laboratoire (techniques chromatographiques).

Les vendeurs peu scrupuleux en profitent donc pour diluer ou même substituer les polysaccharides de l’Aloe Vera avec des carbohydrates bien moins chers (comme la Maltodextrine ou le Sucrose).
Ils peuvent ainsi utiliser beaucoup de ce gel « coupé » dans leurs produits, faisant apparaître l’Aloe Vera plus haut dans l’INCI (ou la composition pour l’alimentaire), faisant croire à un produit de haute qualité…

De nouvelles méthodes d’analyses sont proposées pour remédier à cela.
Et l’évaluation du nombre de produits coupés à la Malodextrine ou autres fait débat.
C’est à nous d’être vigilants, d’essayer d’acheter des gels de qualité, des produits de marques sérieuses, bio, qui utilisent du gel natif (Aloe Leafe Juice) et non en poudre, celles qui expliquent d’où viennent leurs ingrédients…
Peut-être une raison de plus pour avoir envie de créer nos cosmétiques !